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Le 7 juillet le Pape Benoît
XVI publie un « Motu proprio (décret) »
sur l'usagede la liturgie romaine antérieure à la réforme
de 1970.
Retrouvez
le texte du
Motu proprio en français, et sur le site du vatican.
Pourquoi ce motu
proprio ?
Le désir de Benoît XVI est de parvenir à
une réconciliation interne au sein de l’Eglise.
« En regardant le passé, les divisions qui ont
lacéré le corps du Christ au cours des siècles,
on a continuellement l’impression qu’aux moments
critiques où la division commençait à
naître, les responsables de l’Eglise n’ont
pas fait suffisamment pour conserver ou conquérir la
réconciliation et l’unité » a-t-il
souligné.
Ce regard vers le passé impose, comme le précise
Benoît XVI aujourd’hui l’obligation de «
faire tous les efforts afin que tous ceux qui désirent
réellement l’unité aient la possibilité
de rester dans cette unité ou de la retrouver à
nouveau. »
Le Pape cite à ce propos la phrase de la seconde épître
aux Corinthiens, où Saint Paul écrit: «
Nous vous avons parlé en toute liberté, Corinthiens;
notre cœur s'est grand ouvert. Vous n'êtes pas
à l'étroit chez nous; c'est dans vos cœurs
que vous êtes à l'étroit. Payez-nous donc
de retour ; … ouvrez tout grand votre cœur, vous
aussi ! » (2Co 6,11-13).
Cette invitation, selon Benoît XVI « peut et doit
aussi nous toucher, précisément sur ce thème.
Ouvrons généreusement notre cœur et laissons
entrer tout ce à quoi la foi elle-même fait place
».
Est-ce une rupture dans l’histoire
de la liturgie?
Benoît XVI souligne qu’il n’y a aucune contradiction
entre l’une et l’autre édition du Missel
Romain. « L’histoire de la liturgie est faite
de croissance et de progrès, jamais de rupture. Ce
qui était sacré pour les générations
précédentes reste grand et sacré pour
nous, et ne peut à l’improviste se retrouver
totalement interdit, voire considéré comme néfaste.
Il est bon pour nous tous, de conserver les richesses qui
ont grandi dans la foi et dans la prière de l’Eglise,
et de leur donner leur juste place. Evidemment, pour vivre
la pleine communion, les prêtres des communautés
qui adhèrent à l’usage ancien ne peuvent
pas non plus, par principe, exclure la célébration
selon les nouveaux livres. L’exclusion totale du nouveau
rite ne serait pas cohérente avec la reconnaissance
de sa valeur et de sa sainteté ».
Est-ce une remise en cause du Concile
Vatican II ?
Benoît XVI souligne que la crainte d’amenuiser
l’Autorité du Concile Vatican II, et de voir
mettre en doute une de ses décisions essentielles –
la réforme liturgique n’est pas fondée.
« A ce propos, il faut dire avant tout que le Missel,
publié par Paul VI et réédité
ensuite à deux reprises par Jean-Paul II, est et demeure
évidemment la forme normale de la liturgie Eucharistique.
La dernière version du Missel Romain, antérieure
au Concile, qui a été publiée sous l’autorité
du Pape Jean XXIII en 1962 et qui a été utilisée
durant le Concile, pourra en revanche être utilisée
comme Forme extraordinaire de la Célébration
liturgique. Il n’est pas convenable de parler de ces
deux versions du Missel Romain comme s’il s’agissait
de « deux Rites ». Il s’agit plutôt
d’un double usage de l’unique et même Rite
».
Le Pape a rappelé que l’usage du Missel de 1962,
comme Forme extraordinaire de la Liturgie de la Messe, «
n’a jamais été juridiquement abrogé,
et que par conséquent, en principe, il est toujours
resté autorisé » et qu’il n’avait
« n’a pas semblé nécessaire de publier
des normes propres concernant la possibilité d’utiliser
le Missel antérieur ».
« Aussitôt après le Concile Vatican II,
on pouvait supposer que la demande de l’usage du Missel
de 1962 aurait été limitée à la
génération plus âgée, celle qui
avait grandi avec lui, mais entretemps il est apparu clairement
que des personnes jeunes découvraient également
cette forme liturgique, se sentaient attirées par elle
et y trouvaient une forme de rencontre avec le mystère
de la Très Sainte Eucharistie qui leur convenait particulièrement.
C’est ainsi qu’est né le besoin d’un
règlement juridique plus clair, que l’on ne pouvait
pas prévoir à l’époque du Motu
Proprio de 1988; ces Normes entendent également délivrer
les Evêques de la nécessité de réévaluer
sans cesse la façon de répondre aux diverses
situations »
L’utilisation du Missel de
1962 ne porte-t-elle pas un risque de fractures au sein des
communautés paroissiales ?
Benoît XVI souligne que cette crainte ne lui paraît
pas réellement fondée dans la mesure où
« l’usage de l’ancien Missel présuppose
un minimum de formation liturgique et un accès à
la langue latine » et que « ni l’un ni l’autre
ne sont tellement fréquents ».
Il confirme ainsi, à partir de ces éléments
préalables concrets le fait que « le nouveau
Missel restera certainement la Forme ordinaire du Rite Romain,
non seulement en raison des normes juridiques, mais aussi
à cause de la situation réelle dans lesquelles
se trouvent les communautés de fidèles ».
Retrouvez la lettre
du pape aux évêques.
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